16 – FRANÇOIS LOUIS DE ROCHEFORT-LUÇAY

Article du « Moniteur de mai 1818

C’est lui qui ajoutera LUÇAY à Rochefort, pour une raison que nous ignorons. C’est ainsi que nous le trouverons dans les différents actes ou archives. Il convient de noter que cette branche bien qu’issue des comtes de Luçay, ne posseda jamais la seigneurie de Luçay mais constitua la branche des barons de Coulanges. 

François Louis de Rochefort nait au château de Coulanges, paroisse de Lury sur Arnon, le 26 août 1762. Il ajoutera plus tard le prénom de Lucas, prénom qui ne figure pas sur l’acte de naissance. Il est le deuxième fils de Gabriel Jean Dominique de Rochefort et de Marie Anne de Sarrazin-Laval. Son parrain est François Louis de Rochefort et sa maraine Marie Anne de Laage, comtesse de Saint Julien. Ces deux personnages ne sont pas présents au baptème ayant fait délégation par procuration ; le premier à Jacques Antoine Barcheton, intendant du père et la deuxième à Marie Anne Rabot (alias Rabeau), gouvernante des enfants Rochefort.

Qui est le parrain ? Il est le fils de François de Rochefort, comte de Luçay le Male (cela me paraît impossible car la seigneurie de Luçay est déjà vendue), et de Louise de Beauveau. C’est donc un cousin de Gabriel. Il vit à Romorantin (41) au 8 rue de la Pierre. Dans la procuration nous le trouvons Marquis de Rochefort. On aura vu précédemment que son grand-père, Charles Joseph, se faisait appelé : Comte de Rochefort. Voilà encore une usurpation de titre comme cela devient l’usage chez les Rochefort, mais pas seulement chez eux.

Nous ne savons rien de sa jeunesse jusqu’à son mariage le 11 juin 1782 dans la chapelle du château d’Autry, paroisse de Mereau (18) avec sa cousine germaine Catherine Françoise LEBEL de la VOREILLE, fille de Claude et de Anne Marie de SARRAZIN-LAVAL. Il s’agit d’un mariage consanguin au 2è degré avec dispense du Pape. Le château d’Autry appartenait à la comtesse de Saint Julien, née de LAAGE.

Armes de la famille LEBEL

Catherine Françoise était née le 10/11/1763 à Mazirat en Bourbonnais (03).

Le Plot et La Voreille Departement de la Creuse
Château d’Autry à Méreau (18), propriété de la comtesse de Laage en 1782. (source : wikipedia)

Ce château d’Autry était possédé par la famille de LAAGE au moment du mariage de François Louis. Elle possedait aussi le château de Cerbois à proximité.

Autry est vendu à Nicolas DUPRÉ de SAINT MAUR, seigneur de Clémont (18) et intendant de la province de Berry puis en 1806 il tombe dans l’héritage de son fils aussi prénommé Nicolas. Ce dernier vend Autry le 5/02/1813 à un certain Monsieur MARTEAU (devenu MARTEAU D’AUTRY en 1820). C’est aujourd’hui la propriété du Vicomte de SAINT SAUVEUR, héritier des Marteau.

Le Ligondes, où F.. de Rochefort Luçay trouva refuge après son mariage en 1782.

Le jeune ménage va aller s’installer dans une demeure antique, le « château » du Ligondeix (alias Ligondes), paroisse de Chambonchard (23), près de la ville d’Evaux-les-bains (23). Par quel mystère notre François Louis arrive-t-il dans cette demeure ? Nous ne le savons pas précisemment. Mais nous pouvons émettre l’hypothèse que soit la comtesse de Saint Julien , soit les Lebel de la Voreille avaient des relations en Haute Marche, région où se situe Le Ligondeix.

Comme il est d’habitude chez les Rochefort, François Louis va « s’enroler » comme volontaire au régiment provincial du Berry en 1781 et cette même année il obtiendra le grade de lieutenant. Il quitte le service en 1783 (S.H.A.T.) à la suppression de ce régiment.

Lors de la naissance de son fils Claude Louis Marie en 1790 nous retrouvons François Louis Major de la Garde National d’Evaux, les gardes signent l’acte de naissance. 

Fin 1791 François Louis quitte sa famille pour émigré dans l’armée de Condé où il sera chasseur noble.

«… Traquée dans sa résidence du Ligondeix, la famille s’échappe et vient se réfugier à Lury où elle se croit plus en sureté et où l’on voit arrivé Catherine Françoise et ses 3 enfants, Laure, Claude Louis et Marie Anne de Rochefort, la belle-mère, Anne Marie Louise de Sarazin Laval … » (Tausserat).

Nous ne savons rien de la façon dont François Louis arriva en Allemagne où se constituait l’armée du Prince de Condé et celle du Duc de Bourbon. Il est déclaré émigré le 20/10/1792 et porté sur la « Liste Générale de France » en application des loi des 28/03 et 25/07/1793 avec comme dernier domicile connu : Evaux. (Les émigrés en 1793 par Micheline Vallée).

Voilà ce que disent les propositions de pension, rédigées pour les obtenir, lors de la loi du « milliard des émigrés » :  envoi du 6 mai 1816.« Le Vicomte de Rochefort Luçay, lieutenant au régiment provincial du Berry en 1782 ; émigré en 1791 ; a fait toute la campagne à l’armée de Condé, sans interruption, dans l’infanterie noble jusqu’en 1801 ; rentré depuis en France il n’a pour vivre que des débris d’une fortune que le long interrègne vient d’épuiser ; depuis 3 ans il est à la charge de ses amis ; le prince de La Trémoille qui connaît sa naissance et tous ses malheurs, le recommande ; on propose de lui accorder : 1100 francs » (réf. AN 03-2595). Il obtient cette pension car dans son acte de décès il est bien précisé qu’il est « pensionnaire de l’état ». En définitive ce fut un montant de 800 francs. Sachant que la solde de l’armée de Condé était de 4 sous par jour a-t-il pût vivre normalement ? Qu’a-t-il fait pour sa famille restée à Lury ou même ailleurs, un courrier de son épouse montre qu’elle avait été recueillie par son gendre, Nicolas Dupré de Saint Maur, dans son château de la Beuvrière aux environs de Vierzon (18) ? Ce Dupré deviendra le mari en deuxième noce de sa fille Marie Anne. Par ailleurs nous pensons que le prince de La Trémoille de l’époque, Charles Bretagne Marie, s’est occupé financièrement de François Louis en lui offrant un poste (lequel ?) dans sa maison.

Nous avons sa nomination au grade de chevalier de Saint Louis : 17/01/1815 (SHAT- série Xq). Il s’attribuait le grade de Lieutenant Colonel dont nous n’avons pas retrouvé la nomination.

Chateau de la Beuvriére

Nous ne pouvons nous empécher de penser que la vie de François Louis a été un cauchemar jusqu’à son décès le 8 juin 1825 à Paris 5è arrondissement. Catherine Françoise l’avait précédé en décédant le 9/02/1825 au château de la Beuvrière, paroisse de Saint Hilaire de Court (18). 

Voici l’acte reconstitué grace à un extrait de décès remis par la compagnie d’assurance La Générale le 19 avril 1871, sans doute à la suite du décès de son fils Claude Louis : 

« Le 4 juin 1825 à midi se sont présentés Charles Philippe Babar 58 ans et Pierre Antoine Kryenbielh 45 ans. Tous deux employés et domiciliés rue de la Clef qui ont déclarés que hier à 7h du soir est décédé François Louis vicomte de Rochefort-Luçay 14 rue de la Clef à l’age de 63 ans, pensionnaire de l’Etat et demeurant 14 rue St André des Arts, marié à Catherine Françoise Lebel de la Voreille ».

Cet acte appelle quelques explications :

1 – Babar (sic) et Kryenbielh sont des « matons » de la prison Sainte Pélagie. Cette prison contenait pour la plus grande partie des débiteurs qui ne remboursaient pas leurs créanciers. Le 14 rue de la Clef est l’adresse de la prison qui n’existe plus.

2 – Le 14 (aujourd’hui 12) rue St André des Arts est le dernier immeuble avant la rue Danton et a certainement été reconstruit car il a une physionomie très posterieure à 1860. Les immeubles situés après le 12 ont tous été abattus pour laisser la place à la rue Danton et à la Place St. Michel.

3 – Nous avons en main l’acte d’inventaire après décés de François Louis que nous donnons dans les annexes (A.N. minutier central ET/XV/1727). Très curieusement, son fils Claude Louis (pas plus que ses sœurs) n’est présent à cet inventaire. Comme les sommes sont ridicules et que vraisemblablement il n’a pas accepté la successsion, constituée de dettes, sa présence n’était pas indispensable. 

Inventaire après déces de Fançois Louis de Rochefort Luçay (sources : A.N.)

Le couple François Louis de Rochefort-Luçay et Catherine Lebel eut 3 enfants :

  • Marie Anne de Rochefort-Luçay née le 9/03/1783 à Mazirat (03). Mariée le 21 mars 1809 à Paris avec Nicolas DUPRÉ  de SAINT MAUR, avocat au Chatelet de Paris et maitre des requêtes au Conseil d’Etat, veuf en première noce d’Agnès Marie de RIVIERE de RIFFARDEAU (morte à Paris en 1808), fils de Nicolas et de Claudine LENOIR. Dupré avait eu 8 enfants de sa première épouse, il en aura deux  de la deuxième : Agathe Zénaïde DUPRÉ de SAINT MAUR, née au château d’Autry (18) le 20/11/1810, morte à Orléans (45) le 7 mai 1846, sans alliance. Et   Bathilde Lucianne DUPRÉ de SAINT MAUR, née au château de la Beuvrière (18) le 30/01/1816, morte en janvier 1836, sans alliance.
  • Catherine Laure de Rochefort-Luçay née le 1/08/1785 à Mazirat (03) mariée le 23 avril 1816 à Bourges avec Marie Adrien DALMAIS de CURNIEUX , officier, chevalier de saint Louis, fils de Joseph Antoine et de Marie GAUDIN de la MOTTE. Tausserat nous dit que cette « … petite fille, boiteuse, de Gabriel Jean Dominique vivait avec lui à Vierzon et dut pour vivre créer dans cette ville un petit pensionnat qui fût d’abord rue de l’Etape puis rue de l’Ile ». Marie Adrien avait déjà été marié avec Marie Jeanne BABOU, puis avec Catherine DESTAT (alias d’Estat). Le couple n’aura pas d’enfants.
  •   Claude Louis Marie de Rochefort-Luçay qui suit. 
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