{"id":262,"date":"2020-03-11T14:37:34","date_gmt":"2020-03-11T13:37:34","guid":{"rendered":"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/?p=262"},"modified":"2021-07-21T17:28:48","modified_gmt":"2021-07-21T15:28:48","slug":"15-gabriel-jean-dominique-de-rochefort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/2020\/03\/11\/15-gabriel-jean-dominique-de-rochefort\/","title":{"rendered":"15 &#8211; GABRIEL JEAN DOMINIQUE DE ROCHEFORT"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Baron de Coulanges (<strong>jusqu\u2019en 1763<\/strong>)<\/em>, <em>seigneur des Tureaux<\/em> (<em><strong>jusqu&rsquo;en 1793<\/strong><\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des confusions de titres.<\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Attaquons-nous tout de suite \u00e0 un probl\u00e8me important quant au titre de Marquis dont s\u2019est pr\u00e9valu, \u00e0 partir de 1766, notre Gabriel, durant sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Gabriel re\u00e7oit les \u00ab&nbsp;Honneurs de la Cour&nbsp;\u00bb le 11 mars 1766. Ces honneurs consistent \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la famille royale (\u00e0 Versailles) et ensuite \u00e0 monter dans les carosses du roi (pour la chasse&nbsp;!!!). Pour \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9, il faut prouver une filiation noble depuis l\u2019an 1400. L\u2019imp\u00e9trant peut se glorifier du titre optimum de Marquis, m\u00eame s\u2019il n\u2019est que chevalier ou baron. Les titres de duc ou prince sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 ceux qui sont r\u00e9ellement duc ou prince. Gabriel n\u2019\u00e9tant que chevalier, seigneur des Tureaux, il est \u00e9vident qu\u2019il va choisir le titre le plus \u00e9lev\u00e9 soit, celui de Marquis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A notre avis son titre futur de Marquis est usurp\u00e9, car nous n\u2019avons trouv\u00e9 nul part un document du Parlement ou de la Chambre des Comptes sous forme de lettre patente lui octroyant le titre de Marquis de Rochefort. Il \u00e9tait d\u2019usage et de r\u00e8gle que les changements de&nbsp;&nbsp;titres \u00e9taient accord\u00e9s par le roi avec enregistrement de sa d\u00e9cision par le Parlement ou la chambre des Comptes.<\/p>\n\n\n\n<p>On verra plus loin que le fils de Gabriel, Fran\u00e7ois Louis de Rochefort, se donnera le titre de Vicomte de Rochefort, titre aussi usurp\u00e9 mais apparaissant dans une fiche des Archives de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son livre \u00ab&nbsp;<em>Les marquis Fran\u00e7ais&nbsp;<\/em>\u00bb (1919), monsieur de Woelmont installe un chapitre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;titres de courtoisie&nbsp;\u00bb dans lequel on trouve notre Gabriel de Rochefort-Lu\u00e7ay (tient&nbsp;! voil\u00e0 maintenant Lu\u00e7ay accol\u00e9 \u00e0 Rochefort&nbsp;! ). Il pr\u00e9cise&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; ils peuvent \u00eatre regard\u00e9s aujourd\u2019hui comme parfaitement l\u00e9gitimes bien que ces titres (<\/em>Marquis<em>) fussent personnels et non h\u00e9r\u00e9ditaires&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous laissons le lecteur juge de son choix. Mais la position de M. de Woelmont est-elle partag\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une non-strat\u00e9gie matrimoniale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/brinnay-lieu-de-naissance-de-gabriel-de-R..png\" alt=\"\" class=\"wp-image-442\" width=\"281\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/brinnay-lieu-de-naissance-de-gabriel-de-R..png 374w, https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/brinnay-lieu-de-naissance-de-gabriel-de-R.-300x215.png 300w\" sizes=\"(max-width: 281px) 100vw, 281px\" \/><figcaption>Brinnay, lieu de naissance de G.J.Dominique de Rochefort<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Gabriel est n\u00e9 en 1732 \u00e0 Brinay (18), commune situ\u00e9e pr\u00e9s de Coulanges (sans doute au manoir des Champs). Il ne re\u00e7oit aucune \u00e9ducation particuli\u00e8re de la part de ses parents comme cela est l\u2019usage chez les Rochefort et ne fr\u00e9quente aucune \u00e9cole militaire. Mais les lettres que nous avons de ce personnage montrent qu\u2019il savait parfaitement le fran\u00e7ais et disposait d\u2019une assez belle \u00e9criture. On peut douter que ces seuls baggages lui permettent d\u2019administrer sa \u00ab&nbsp;fortune&nbsp;\u00bb de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re et heureuse. Il semble m\u00eame que Gabriel est plutot men\u00e9 une vie d\u00e9sordonn\u00e9e puisqu\u2019on le retrouve dans un cabaret de Bourges dont il est expuls\u00e9 avec perte et fracas.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, il se marie par contrat devant le notaire Autron \u00e0 Aubusson, \u00e0 26 ans avec Marie Anne de SARRAZIN-LAVAL, 30 ans, le 25 avril 1759 au Ch\u00e2teau des Portes \u00e0 Mainsat (23).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"370\" height=\"109\" src=\"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/sarazin-e1599147485714.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-450\"\/><figcaption>Armes de la famille de SARRAZIN<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Marie Anne est la fille de Henri Marin de SARRAZIN,&nbsp;&nbsp;chevalier, Marquis des Portes et comte de Laval et de Catherine de la SAIGNE de SAINT GEORGES.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 janvier 1761 une sentence accorde le profit d\u2019un retrait lignager \u00e0 Gabriel de Rochefort comme tuteur de son fils R\u00e9n\u00e9 Philibert pour la seigneurie du Courbat (paroisse du P\u00e9chereau-36). Il semble que les dettes accroch\u00e9es au Courbat \u00e9taient telles que Gabriel ne rentra jamais en possession de ce bien<sup><a href=\"#footnote_0_262\" id=\"identifier_0_262\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Archives du Cher- 5 B 144\">1<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une d\u00e9ch\u00e9ance consomm\u00e9e.<\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme les fonds manquent, Gabriel va se s\u00e9parer de la magnifique terre et seigneurie de Coulanges le 31 octobre 1763 devant Ragueau notaire \u00e0 Mehun sur Y\u00e8vre (copie de l\u2019acte entre nos mains). Coulanges est vendu pour 75 000 livres \u00e0 Louis de PLUSQUELL\u00c9 (ou PLUSQUELLEC), capitaine \u00e0 Mah\u00e9 aux Indes fran\u00e7aises et dont la famille est originaire de Bretagne. La terre de Coulanges repr\u00e9sentait une superficie d\u2019environ 2000 ha, dont le seul bois de la Villeterie (ou Vitalerie) pour 168 ha.<\/p>\n\n\n\n<p>Sont vendus en m\u00eame temps que Coulanges&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Le fief et manoir des Champs (ou Petit Champs) relevent de Brinay (18). Ce bien venait des Agard puis des Maudhuit.<\/li><li>Les droits de s\u00e9pultures en la chapelle de Lury.<\/li><li>La locature et les h\u00e9ritages acquis de la veuve Jousselin de Noray (n\u00e9e Agard) par acte SSP fait entre Pierre de Rochefort et son \u00e9pouse et la dite veuve le 13 septembre 1742<sup><a href=\"#footnote_1_262\" id=\"identifier_1_262\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Archives du Cher -2 C 1520\">2<\/a><\/sup><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter la fa\u00e7on dont seront pay\u00e9s ces 75 000 livres&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>11 000 L. d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9s comptant.<\/p>\n\n\n\n<ul><li>41 000 L. \u00e0 payer sur ce qui est d\u00fb \u00e0 Plusquellec, de la Compagnie des Indes (Lavant, notaire \u00e0 Paris, septembre 1763).<\/li><li> 23 000 L. en rente de 1150 L. dont le premier terme est fix\u00e9 au 1\/01\/1765.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/derniere-page-de-acte-de-vente-de-Coulanges-par-GJD-\u00e0-Plusquellec-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-445\" width=\"192\" height=\"256\" srcset=\"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/derniere-page-de-acte-de-vente-de-Coulanges-par-GJD-\u00e0-Plusquellec-768x1024.jpg 768w, https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/derniere-page-de-acte-de-vente-de-Coulanges-par-GJD-\u00e0-Plusquellec-225x300.jpg 225w, https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/derniere-page-de-acte-de-vente-de-Coulanges-par-GJD-\u00e0-Plusquellec-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/derniere-page-de-acte-de-vente-de-Coulanges-par-GJD-\u00e0-Plusquellec-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/derniere-page-de-acte-de-vente-de-Coulanges-par-GJD-\u00e0-Plusquellec-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><figcaption>Derni\u00e8re page de l&rsquo;acte de vente de Coulanges au sieur de Plusquellec en 1763.\n(source : A.D. du Cher)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Nous nous posons la question du paiement des 64 000 L. En effet, Tausserat (<em>Histoire de<\/em> <em>Lury sur Arnon<\/em>) nous dit que le 18 juin 1764, Plusquellec est saisi \u00e0 la requ\u00eate de Vincent Fontaines, marchand \u00e0 Mehun sur Y\u00e8vres. Malgr\u00e9 le paiement de la dette la veuve de Plusquellec, Catherine de Beauch\u00e8ne, est oblig\u00e9e de vendre Coulanges le 20 juin 1768 \u00e0 Edme Jean Fran\u00e7ois de Boisselet, ancien mousquetaire. La Compagnie des Indes a t elle pay\u00e9 Plusquellec\u00a0? La rente a t elle \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e \u00e0 Gabriel\u00a0? Nous n\u2019avons aucune r\u00e9ponse certaine \u00e0 donner. Mais, \u00e0 notre avis Plusquellec n\u2019a jamais pay\u00e9 \u00e0 Gabriel quoi que ce soit. En fait Plusquellec pourrait \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 un quasi escroc. Gabriel n\u2019avait aucun moyen financier pour entreprendre une proc\u00e9dure, longue et co\u00fbteuse de r\u00e9cup\u00e9ration des sommes dues. Cela expliquerait les \u00e9normes difficult\u00e9s financi\u00e8res pr\u00e9sentes et futures.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour se loger, Gabriel rejoindra le manoir des Tureaux, commune de Lury sur Arnon (18). Cette r\u00e9sidence des Tureaux venait, par succession testamentaire, de Louise AGARD, s\u0153ur de la m\u00e8re d\u2019Ang\u00e9lique Mauduit, morte sans enfants. C\u2019est le fr\u00e8re ain\u00e9 d\u2019Ang\u00e9lique, Philibert Mauduit qui en avait pris possession. N\u2019ayant lui aussi pas d\u2019enfants, naturellement, \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s, c\u2019est son neveu Gabriel Jean Dominique de Rochefort qui en prit possession.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"265\" height=\"206\" src=\"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-09-03-\u00e0-17.10.58.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-448\"\/><figcaption>Lury sur Arnon avec Les Tureaux et Coulanges.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Mais, comme d\u2019habitude, les fonds manquent et Gabriel va vendre les Tureaux vers la fin de 1793 \u00e0 Charles DORSANNE seigneur de Saragosse (paroisse de Lury , Cher).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne savons rien du lieu de r\u00e9sidence apr\u00e8s 1793.&nbsp;&nbsp;Le d\u00e9c\u00e8s de Gabriel aura lieu le 20 novembre 1816 \u00e0 l\u2019hospice municipal de Vierzon Cher. 1793 est l\u2019ann\u00e9e de la mort de Marie Anne de Sarrazin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une charge plut\u00f4t honorifique que r\u00e9mun\u00e9ratrice.<\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-medium\"><img loading=\"lazy\" width=\"225\" height=\"300\" src=\"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/acte-de-nomination-de-GJD-225x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-440\"\/><figcaption>Acte de nomination \u00e0 la charge de lieutenant des mar\u00e9chaux de France de G.J.Dominique de Rochefort en 1773.\n(source : A.D.du Cher)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 5 mai 1773 Gabriel est re\u00e7u \u00ab&nbsp;Lieutenant des Mar\u00e9chaux de France&nbsp;\u00bb pour Issoudun, ville royale<sup><a href=\"#footnote_2_262\" id=\"identifier_2_262\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Archives du Cher-2 B 117\">3<\/a><\/sup>. Cette charge est plus un titre honorifique qu\u2019un v\u00e9ritable m\u00e9tier. Son revenu est mis\u00e9rable. Elle consiste en l\u2019observation d\u2019un \u00ab&nbsp;tribunal du point d\u2019honneur&nbsp;\u00bb qui r\u00e9glait les diff\u00e9rents entre nobles depuis les interdictions de duels en 1566.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait obligation d\u2019\u00eatre noble et militaire, sauf dispenses qui pouvaient \u00eatre accord\u00e9es par un Mar\u00e9chal de France. Nous ne connaissons pas le nom du Mar\u00e9chal qui soutint la candidature de Gabriel, mais il devait \u00eatre en position tr\u00e8s proche du Roi car en dehors d\u2019\u00eatre un vrai noble, Gabriel n\u2019\u00e9tait pas un \u00ab&nbsp;vrai&nbsp;\u00bb militaire.<\/p>\n\n\n\n<p>La charge de lieutenant des Mar\u00e9chaux est abolie en 1790.<\/p>\n\n\n\n<p>Remarquons, en passant, que la famille Rochefort a souvent b\u00e9n\u00e9ficier de tr\u00e8s hautes protections.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son livre \u00ab&nbsp;<em>Les Aventures de ma vie&nbsp;<\/em>\u00bb, Henri Rochefort, arri\u00e8re petit fils de Gabriel, \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>sa droiture lui avait valu, sous Louis XV, le titre presque glorieux de lieutenant des mar\u00e9chaux de France et de juge du point d\u2019honneur, dignit\u00e9 qui obligeait les duellistes \u00e0 s\u2019abstenir de croiser le fer tant qu\u2019il ne leur avait pas donn\u00e9 l\u2019autorisation&nbsp;<\/em>\u00ab. Cette information \u00e0 destination de ses lecteurs ne manque pas de piquant quand on sait que Henri fut l\u2019homme aux 30 duels (et 40 proc\u00e8s&nbsp;!!).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gabriel de Rochefort, franc-ma\u00e7on \u00ab&nbsp;provisoire&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1778 vit la naissance \u00e0 Issoudun (Indre) d\u2019une loge ma\u00e7onnique qui prit le titre de \u00ab&nbsp;Les Sectateurs de la Vertu de Saint Jean d\u2019Ecosse&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;Nous trouvons parmi ses membres, R\u00e9my Tourangin (mercier drapier), Heurtault du Mez (maire d\u2019Issoudun ancien r\u00e9gime), Jean Claude Charlemagne (maire d\u2019Issoudun pendant la r\u00e9volution), de Saint L\u00e9ger, Adrien Dalmais de Curnieux et notre Gabriel (R. Durandeau<em>-Francs Ma\u00e7ons du Berry-1990).<\/em>&nbsp;Cette loge ne durera qu\u2019un an.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un r\u00e9volutionnaire sans avenir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 1789, les nuages de la R\u00e9volution commencent \u00e0 appara\u00eetre. Mais sans doute notre Gabriel y voit la chance de jouer un role \u00e0 la mesure de son&nbsp;&nbsp;nom car en 1792 nous le trouvons chantant autour de l\u2019arbre de la libert\u00e9 de Lury avec les citoyens patriotes. Il va recevoir les attributs \u00ab&nbsp;d\u2019officier municipal&nbsp;\u00bb au cours d\u2019une s\u00e9ance de l\u2019assembl\u00e9e des citoyens de la ville de Lury du 28 novembre 1790. Dans les documents d\u2019archives que nous poss\u00e9dons, il signe \u00ab&nbsp;Rochefort, officier municipal&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/la-maison-rochefort.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/1791-lettre-de-GJD-de-R--e1599142179207.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-437\" width=\"179\" height=\"221\"\/><figcaption>lettre \u00e9crite par G.J.Dominique de Rochefort en 1791. \n(collection priv\u00e9e)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En 1791, Gabriel est nomm\u00e9 administrateur de L\u2019H\u00f4tel Dieu d\u2019Issoudun o\u00f9 il recevra l\u2019\u00e9v\u00eaque constitutionnel H\u00e9raudin. Mais une loi est vot\u00e9e en l\u2019an IV interdisant toute fonction publique aux parents d\u2019\u00e9migr\u00e9s. Comme son fils Fran\u00e7ois Louis Lucas est \u00e9migr\u00e9, il respectera la l\u00e9galit\u00e9 et pr\u00e9sentera sa d\u00e9mission par deux lettres, l\u2019une comme officier municipal et l\u2019autre comme administrateur de l\u2019Hotel Dieu. Voil\u00e0 ce qu\u2019\u00e9crit le conseil municipal dans son compte rendu&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Le Conseil, en acceptant ces d\u00e9missions se fait un devoir de rendre hommage \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 en d\u00e9clarant que le citoyen Rochefort a toujours rempli ses fonctions avec z\u00e8le et exactitude et arr\u00eate que pour lui t\u00e9moigner ses regrets de ne plus le compter parmi ses membres, copie du pr\u00e9sent proc\u00e8s-verbal lui sera envoy\u00e9 par le citoyen maire&nbsp;<\/em>\u00bb(Tausserat<em>).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Tout va bientot devenir suspect. Le 22 mars 1793 on d\u00e9sarme Gabriel et on fouille le manoir des Tureaux&nbsp;; La municipalit\u00e9 de Lury tente le 29 mars un dernier effort pres le directoire du district de Vierzon pour \u00ab&nbsp;sauver&nbsp;\u00bb Gabriel \u00ab&nbsp;<em>contre le civisme duquel on n\u2019a d\u2019autres pr\u00e9tentions que sa qualit\u00e9 de ci-devant noble et de p\u00e8re d\u2019un \u00e9migr\u00e9&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;((Arch. muni. de Lury)). Mais c\u2019est en vain et l\u2019on re\u00e7oit l\u2019ordre de le porter sur la liste des suspects et bient\u00f4t celui de l\u2019expulser de Lury, d\u2019ou il se rendra \u00e0 Vierzon dans les vingt-quatre heures y chercher un domicile&nbsp;; en cas de r\u00e9sistance on le fera chercher par la gendarmerie nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant Gabriel avait compris que les affaires allaient mal pour lui et s\u2019\u00e9tait \u00e9chapp\u00e9 de Vierzon&nbsp;; mais il est arr\u00eat\u00e9 et jet\u00e9 en prison \u00e0 Issoudun (appeler Indreville) probablement en allant chercher des secours aupr\u00e8s de Dalmais de Curnieux, beau p\u00e8re de son fils Ren\u00e9 Philibert&nbsp;; les scell\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 populaire du district sont appos\u00e9s aux Tureaux par Christophe Dyon, maire de Lury. Comme les prisons de l\u2019\u00e9poque ne sont pas \u00ab&nbsp;meubl\u00e9es&nbsp;\u00bb, Gabriel \u00e9crira une lettre \u00e0 son \u00e9pouse pour qu\u2019on lui livre un lit, une couverture, du linge et une chaise. Il sera lib\u00e9r\u00e9 en d\u00e9cembre 1793 et reviendra \u00e0 Vierzon.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 mai 1793 un tableau des fortunes du pays est dress\u00e9 par la municipalit\u00e9 de Lury o\u00f9 l\u2019on peut lire&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;le citoyen ci-devant noble Rochefort, domicili\u00e9 aux Tureaux, commune de Lury, ayant trois enfants dont deux mari\u00e9s hors du d\u00e9partement, est port\u00e9 comme poss\u00e9dant un revenu pr\u00e9sum\u00e9 de 800 livres&nbsp;\u00bb (<\/em>(Arch. Muni. de Lury)). Nous ne pouvons que constater que 800 livres de l\u2019\u00e9poque n\u2019\u00e9taient pas suffisantes pour vivre d\u00e9cemment.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 1794 nous n\u2019entendons plus parler de Gabriel Jean Dominique. O\u00f9 habitait-il&nbsp;? Que faisait-il&nbsp;? Comment vivait-il&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 nos recherches il ne nous est pas possible de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions.<\/p>\n\n\n\n<p>Gabriel va d\u00e9c\u00e9der le 20 novembre 1816&nbsp;&nbsp;\u00e0 l\u2019hospice municipal de Vierzon et sera inhum\u00e9 dans la fosse commune de cette ville. Son \u00e9pouse Marie Anne de SARRAZIN-LAVAL d\u00e9c\u00e8dera le 10 avril 1793 au manoir des Tureaux, commune de Lury sur Arnon. Nous supposons qu&rsquo;elle f\u00fbt aussi mise en fosse commune \u00e0 Lury.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple Gabriel de Rochefort et Marie Anne de Sarrazin Laval aura 5 enfants&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>Ren\u00e9 Philibert de Rochefort<\/strong> (1760 \u00e0 Coulanges- 1825 \u00e0 Bourges). Il se marie le 27\/02\/1783 \u00e0 Issoudun avec Catherine Brigitte Eulalie DALMAIS de CURNIEUX (1761-1816) fille du Baron de Curnieux, lieutenant des mar\u00e9chaux de France \u00e0 Issoudun. Les t\u00e9moins sont Marie Adrien Dalmais (fr\u00e8re de l\u2019\u00e9pouse), Fran\u00e7ois Louis de Rochefort (fr\u00e8re de l\u2019\u00e9poux), Fran\u00e7ois Jousselin de Noray (cousin germain de l\u2019\u00e9poux) et Louis Pierre Billacier (cur\u00e9 de Lury). Ce couple aura un enfant Marie C\u00e9cile Constance de Rochefort-Lu\u00e7ay d\u00e9c\u00e9d\u00e9e apr\u00e8s 1833 et dont nous n\u2019avons pas retrouv\u00e9 la trace. Elle est demanderesse d\u2019une pension annuelle de 500 francs accord\u00e9e sur la liste des pensionnaires de 1833<sup><a href=\"#footnote_3_262\" id=\"identifier_3_262\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"loi du 23\/12\/1831- Biblioth&egrave;que de l&rsquo;universit&eacute; du Michigan\">4<\/a><\/sup>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ren\u00e9 Philibert sera nomm\u00e9 biblioth\u00e9caire de la ville de Bourges en 1813 et sera licenci\u00e9 en 1819 \u00e0 la suite d\u2019une accusation de vols de livres. Ceci est tr\u00e8s \u00e9tonnant&nbsp;car on peut dire que ces Rochefort \u00e9taient des incapables mais pas des voleurs. Il laissa la biblioth\u00e8que dans un \u00e9tat pitoyable. Il habitait \u00e0 Bourges au 8 bis rue Bourbonnoux. Sans instruction ni capacit\u00e9s particuli\u00e8res, il va \u00ab&nbsp;mendier&nbsp;\u00bb des subsides aupr\u00e8s de diff\u00e9rentes institutions (voir photo d\u2019une de ses lettres). Nous avons recens\u00e9 aux Archives Nationales environ 18 lettres \u00e9crites d&rsquo;une belle graphie. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Bourges le 1 octobre 1825.<\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>Fran\u00e7ois Louis (Lucas)<\/strong>, qui suit.<\/li><li><strong>Claude Fran\u00e7ois<\/strong> (1766 &#8211; 1766), mort au berceau (9 mois).<\/li><li><strong>Marie Jos\u00e9phine <\/strong>(1768 &#8211; 1768), morte au berceau (1 jour).<\/li><li><strong>Jean Louis Ren\u00e9<\/strong> (1771 &#8211; 1772), mort au berceau (10 mois).<\/li><\/ul>\n<ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_0_262\" class=\"footnote\">Archives du Cher- 5 B 144<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_0_262\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_1_262\" class=\"footnote\">Archives du Cher -2 C 1520<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_1_262\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_2_262\" class=\"footnote\">Archives du Cher-2 B 117<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_2_262\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_3_262\" class=\"footnote\">loi du 23\/12\/1831- Biblioth\u00e8que de l\u2019universit\u00e9 du Michigan<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_3_262\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Baron de Coulanges (jusqu\u2019en 1763), seigneur des Tureaux (jusqu&rsquo;en 1793). Des confusions de titres.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Attaquons-nous tout de suite \u00e0 un probl\u00e8me important quant au titre de Marquis dont s\u2019est pr\u00e9valu, \u00e0 partir de 1766, notre Gabriel, durant sa vie. Gabriel &hellip; <a href=\"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/2020\/03\/11\/15-gabriel-jean-dominique-de-rochefort\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[16],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/262"}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=262"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":757,"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/262\/revisions\/757"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-maison-rochefort.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}