17 – Claude Louis Marie « Armand » de ROCHEFORT-LUÇAY.

Claude Louis de Rochefort Luçay en famille.

Claude Louis Marie de ROCHEFORT-LUÇAY nait  le 14 juillet 1790 au château du Ligondeix dans la paroissse d’Evaux-les-Bains (23). Il est baptisé le 25 juillet de la même année à Evaux par le vicaire, l’abbé Prieur. Le parrain est messire Claude LEBEL du PLOT chevalier de Saint Louis, ancien Chevaux-léger et la marraine, Gabrielle Marie Louise de MAY. 

Son père est qualifié de major de la garde nationale d’Evaux. Tout le monde sait signer et sont ajoutées les signatures des gardes nationaux d’Evaux.

Les LEBEL du PLOT sont une branche des LEBEL qui ont une propriété à proximité de Mazirat (Allier) (voir la carte).

Le Plot et La Voreille Departement de la Creuse

Comme il est d’usage chez les Rochefort de ce temps, Claude Louis ne fait pas d’études particulières. On peut néanmoins constater qu’il eut de bons précepteurs car il écrivait très bien et fit sur le tard une carrière de vaudevilliste comme « homme de lettres ». Dans son livre « les mémoires d’un vaudevilliste », il déclare avoir été dans un collège à Orléans duquel il fût enlevé pour cause de grave maladie. Nous pensons qu’il habitait avec sa mère chez son beau-frère DUPRÉ de Saint Maur pendant cette période.

Il ne fera pas de service militaire car nous avons retrouvé dans les archives un billet donnant quelques explications sur sa situation militaire en 1810. Ce billet est rédigé ainsi ((AN – F/1bI/278/2)):« Monsieur Rochefort est du dept. du Cher. Il est porteur d’une dispense définitive de service (1810 réformé). Le maire de sa commune est son beau-frère (Nicolas DUPRÉ DE SAINT MAUR) et n’aurait pas omis d’informer ….. (non rappelé pour la levée de 120 000 h)…. ».

Claude Louis au ministere de l’Intérieur.

((A.N. – série F/1bI/278/2)).

Si l’on en croit quelques auteurs bien informés, c’est Monseigneur ENOCH, évèque de Rennes qui aurait « pistonné » Claude Louis auprès du ministère de l’intérieur.

Le 17 mars 1811 on trouve Claude Louis employé au bureau des archives du Ministère de l’Intérieur et cela depuis 1806. Il écrit au ministre, J.P. Bachasson, comte de Montalivet, la lettre suivante : 

« Monseigneur,

J’ose prendre la liberté de rappeller à votre excellence que depuis 5 ans je suis employé au ministère de l’intérieur (dont deux en surnumerariat). Ces cinq ans de service, beaucoup de zèle et d’aptitude à mon travail semblerait militer en ma faveur et cependant, monseigneur, mon traitement se borne à la faible somme de 1 400 francs. Si votre excellence daignait envisager ma position elle s’interresserait sans doute au sort d’un de ses plus zélés employés qui n’a pour soutenir sa mère (Catherine Lebel) et lui que ses modiques appointements. La justice qui fait la base de votre action, me répond d’avance du succès de ma demande et d’une augmentation si justement méritée. J’ai l’honneur……signé : Armand de Rochefort ».

Cette lettre appelle quelques commentaires :

– Claude Louis avait 16 ans lors de son embauche au ministère. 

– 1400 francs annuels, correspond à environ 5500 euros aujourd’hui. 

– Les Rochefort habitaient alors au 1 rue Neuve Saint-Sauveur, aujourd’hui rue du Nil. Il s‘agit d’une rue très étroite et sombre du 2è arrondissement (actuel) de Paris. La Cour des Miracles se trouvait à une cinquantaine de mètres de l’immeuble. Mais comme les Rochefort n’avaient rien, on peut supposer qu’ils ne furent pas inquiétés par les voleurs peuplant cette cour de triste renommée. L’immeuble de l’époque n’existe plus et aujourd’hui c’est un immeuble « moderne » qui le remplace.

– Il est noté dans la marge de la lettre la mention « classer ». Ce qui nous fait dire que Claude Louis ne savait pas utiliser les bons arguments pour obtenir une augmentation de traitement.

– Pour la première fois nous remarquons qu’il signe « Armand ». Sous l’ancien régime le prénom usuel utilisé était le premier, soit dans le cas qui nous occupe, « Claude ». Après la Révolution le prénom utilisé est le dernier, soit Marie, plutôt féminin, donc ce sera Armand qu’il ajoutera dans la grande majorité de ses écrits. 

Ne voyant rien venir, c’est au tour de la mère de Claude Louis, Catherine Lebel de la Voreille, d’écrire au ministre de l’intérieur le 20 juillet 1811.

Voici la lettre :

A son Excellence le Ministre de l’Intérieur,

Monseigneur,

Armand de Rochefort, employé comme simple expéditionnaire dans le bureau particulier des archives de votre ministère a déjà présenté ses vœux pour passer dans une division. Qu’il soit permis à sa mère de vous priez au désir bien naturel de ce jeune homme de sortir de ce rang si subalterne. Agé de 21 ans, rempli de souvenirs et brulant d’imiter ses ancêtres Gui et Guillaume de Rochefort l’un après l’autre Chanceliers de France sous Louis onze, il ne demande pour avancer dans la carrière qu’il a embrassé qu’à sortir de ce malheureux état de copiste où depuis six ans il languit ignoré et sans travail digne de lui mériter vos suffrages.C’est une mère qui vous parle Monseigneur ….. Signée : de Rochefort née Lebel.

Si cette lettre est si attendrissante et si bien tournée, elle n’en est pas moins en « dehors de la plaque ». Est-il besoin de remonter à Louis onze pour prouver les qualités « exceptionnelles » de ce fils… qui ne sait rien faire. ? On remarquera que les Rochefort de ce temps n’ont pas encore compris que les moeurs avaient bien changés. La mention « classer à son dossier » figure dans la marge.

Le 7 juin 1814, nouvelle tentative auprès de François GUIZOT, secrétaire général du Ministère de l’intérieur (plus tard ministre de Louis Philippe) :« ….Fils d’émigré, privé de mes biens soustraits et vendus par le gouvernement révolutionnaire…. ». Claude Louis ne sait pas que tous les biens de la famille ont été vendus en 1764, puis en 1793. Fait suite sa référence aux Beauvau, Maillé Brézé, la Trémoille, La Rivière, Dupré de Saint Maur et même au Comte d’Artois, qui, tous, lui auraient promis un « super job » : chef du Bureau des Beaux Arts « … j’ai désigné dans ma demande le bureau des BeauxArts…. ». Il signe « le comte de Rochefort ». Evidemment Guizot fait classer sans suite la lettre. Cette lettre est suivie d’une autre, datée du 22 juin et qui suivra le même chemin que la précédente.

Enfin le 26 janvier 1815, Claude Louis reçoit « une promotion ». Il est promu au grade de Commis d’Ordre au bureau des archives (1ère division) au traitement annuel de 1600 francs. Mais cette note, en forme de brouillon, a-t-elle été suivie d’effet ? Nous ne le savons pas. Puis par note du 20/04/1815 son traitement est porté à 1800 francs. Mais il change de service en passant sous les ordres du Général Comte Mathieu DUMAS, directeur général des Gardes Nationales avec le titre de Commis d’ordre. Là encore cette note manuscrite a-t-elle été suivie d’effet ? A notre avis non, car lors de la lettre suivante il est toujours Commis d’ordre aux Archives de l’Intérieur.

Nous sommes dans une période très troublée puisque ce sont les « Cent Jours » de N. Bonaparte (du 1 mars 1815 au 22/06/1815). Aussi cela influence la carrière de Claude Louis (Ah ! Armand). Nouvelle lettre d’Armand du 13 juillet 1815 adressée au Secrétaire Général du ministère de l’Intérieur: 

Lettre adressée par C.L. de Rocefort-Luçay au ministre de l’Intérieur. (sources : Archives Nationales)

« Monsieur,

J’ai été supprimé au 11 mai pour cause d’opinion politique et surtout pour m’être enrôlé comme volontaire royal. J’ai l’honneur de me rappeler au souvenir de Monsieur le Secrétaire Général et de le prier de vouloir bien éxécuter en ma faveur l’ordonnance du roi qui rappelle à leur poste tous les employés supprimés et j’ose espoir qu’il voudra bien prendre en considération la médiocrité de mon ancien traitement. J’ai l’honneur …. Signé : A de Rochefort. »

Les Volontaires Royaux étaient des légitimistes de la monarchie des Bourbons qui défendaient le retour au pouvoir de ces derniers. Ils ne semblent pas avoir été bien organisés ni soutenus par Louis XVIII. Ce titre mourut de sa belle mort avant même la Deuxième Restauration. L’histoire de France n’a rien retenu des Volontaires Royaux, ce qui en prouve la faiblesse institutionnelle.

Mais en octobre 1815, Armand est encore commis au ministère de l’Intérieur comme le prouve une nouvelle lettre du 1er octobre, adressée au Ministre de l’Intérieur Viènot de Vaublanc :

A SON EXCELLENCE LE MINISTRE DE L’INTERIEUR. (enregistré le 11 octobre (1815) sous le N°12443).

« Je suis une victime des bouleversements révolutionnaires, il ne reste plus à ma famille qu’une confiance entière dans les bontés du Roi…..je crois me mériter la faveur d’obtenir près de votre Excellence une place plus digne de mon nom et de mes malheurs…. ». Signé : A de Rochefort.

Dans la marge la mention : « l’état des finances ne permet pas en ce moment de prendre sa demande en considération ».

Sans prendre en compte le fait de l’impécunuosité de l’Etat à l’époque, nous devons reconnaître que notre ancêtre ne trouva aucun écho favorable à ses demandes. Il se peut même qu’elles indisposèrent les puissants de l’époque. Il semble que Claude Louis resta dans le ministère jusqu’en 1818, date à laquelle il partit pour l’Ile de la Réunion.

Claude Louis, secrétaire particulier du gouverneur de l’Ile Bourbon.

Sans que nous ayons trouvé les références, Claude Louis est nommé sécrétaire particulier de Pierre Bernard MILIUS, gouverneur de l’Ile à partir de septembre 1818 jusqu’en 1821. Ceci est attesté par une lettre du 22 janvier 1820 de Milius au Ministre de la Marine et des Colonies. Dans cette lettre Milius charge Claude Louis de ramener en France des objets d’histoire naturelle (plantes, pierres, etc.), en passant par le Sénégal et la Guyanne, à bord de la frégate « la Zélée ». Milius en profite pour recommander au ministre une autre affectation en France de Claude Louis.

Selon toute vraisemblance, Claude Louis arrivera à l’Ile Bourbon (aujourd’hui Ile de la Réunion) en meme temps que Milius. D’après quelques auteurs il aurait été recommandé par un évèque français dont on ne connaît pas le nom (peut-être, à nouveau, Monseigneur Enoch !).

Si l’on en croit le petit livre intitulé « Mémoires d’un Vaudevilliste » écrit par Claude Louis et signé « A. de Rochefort », il ne fut pas très heureux à la Réunion  et demanda son rapatriement en France.

Il a laissé un rapport au ministre des Colonies d’environ une cinquantaine de pages établit à bord de la Zélée, le 5 avril 1820, dans lequel il donne des idées de gestion de nos colonies de la Réunion et de l’Ile de Madagascar. ((ANOM – C 67 d 429)). Ce rapport est classé sans suite.

Noelle Roubaud affirme que Claude Louis aurait eu une fille naturelle à la Réunion avec une « riche veuve » (Henri Rochefort intime, par Noelle Roubaud, p. 12). Cette information est basée sur les dires de Claude Louis.

Claude Louis épouse Marie MOREL.

Nicole Marie MOREL en 1861 (collection privée)

Nous n’avons pas retrouvé l’acte de mariage de notre ancêtre avec Marie Françoise Nicole MOREL, fille de Louis Charles et de Françoise GALICHÉ(R). Dans quelques journaux de l’époque d’Henri on peut lire que la date serait le 23 juin 1823.

Tausserat dans son livre sur la chatellenie de Lury sur Arnon dit que le père de Nicole était marchand de jouets à Paris, mais d’autres informations donnent : officier à l’Hôtel des Invalides. Il existait effectivement un marchand de jouets à Paris dans le quartier du Fbg. St. Antoine, mais nous n’avons trouvé aucun acte concernant le couple Morel/Galicher, seuls les travaux généalogiques de Godefroy Bardet nous permettent d’annoncer ce couple.

Marie Morel fut une mère adorée par ses enfants. Si l’on en croit le tableau représentant la famille, elle avait une beauté certaine. Elle ne mâchait pas ses mots puisqu’elle dira un jour à Henri : « Tu es bien un Rochefort : tu mourras sur la paille. Et encore faudra-t-il que la paille ne soit pas trop chère ! ».

Marie Morel décèdera le 22 octobre 1863 à Paris 1er ardt. au 7 rue des Deux Boules. C’est sa fille Palmyre qui fera la déclaration de décès et de succession. Sa succession directe montre un  patrimoine de 220 francs soit environ 440 euros d’aujourd’hui.

Quelles ont été les habitations du couple Rochefort/Morel au cours de leur existence ? :

En 1824 : 12 rue d’Orléans Saint Honoré Paris 1er ardt, rue qui n’existe plus à cause du percement de la rue du Louvre actuelle

En 1827 : 17 puis 38 rue JJ Rousseau Paris 1er ardt.

Rue des 2 Boules-Paris 1er

En 1830 : 7 rue des Deux Boules Paris 1er ardt. A l’arrière de cet immeuble subsiste encore un pan de la chapelle de la confrérie des orfèvres de Paris. Elle avait été construite par l’architecte Philibert de L’Orme entre 1550 et 1560. La rue des 2 Boules sera habitée par le couple jusqu’en 1863 au décès de Marie Morel

En 1870 : 210 rue du Fbg. St.Antoine Paris 12ème ardt. A cette époque Claude Louis est veuf. Il trouve refuge dans une maison affectée à la Congrégation des filles de la Charité de Nevers. Aujourd’hui, il ne reste rien de cette époque, sauf un immeuble récent.

La famille de Nicole MOREL 

Si nous n’avons pas de renseignements sur les parents MOREL/ GALICHER, nous en savons beaucoup sur la sœur de Nicole, Marie Anne. Cette dernière épouse Gabriel, Christophe GUÉRIN (Kehl 1790 / Strasbourg 1846) peintre de bonne renommée domicilié à Strasbourg. Ces Guérin sont graveurs, peintres, miniaturistes depuis de longues années à Strasbourg.

Nous donnons en annexe la filiation des descendants de Marie Anne où l’on remarquera la présence d’Anatole FRANCE, nobel de littérature en 1921, de RENAN et de Lucien PSICHARI, écrivain et directeur aux Editions Calmann-Lévy.

Claude Louis, un vaudevilliste en mal de succès.

Il obtient un certain succès en 1825 avec un vaudeville intitulé « Jocko  ou le singe du Brésil », écrit en association avec un dénommé Gabriel de Lurieu. C’est l’histoire d’un singe. Le bon sauvage, légué par le 18è siècle, est dépassé comme l’est Claude Louis. C’est la bonne bête sauvage. Drame en 2 actes, à grand spectacle, melé de musique, de danse et de pantomime, représenté pour la première fois à Paris au théatre de la porte Saint-Martin le 16 mars 1825 et le 6 avril, devant la duchesse de Berry (belle-fille de Charles X), musique de Piccini, ballet de Blache et décorations de Cicéri.

Mais il avait déjà produit quelques pièces comme « l’Auberge du perroquet ou la barrière des martyrs » en association avec un dénommé Théodore Maillard au Théatre des variétés et donnée en février 1811. Une liste non exhaustive des pièces de théatre écrites soit particulièrement, soit en coopération avec d’autres auteurs se trouve sur le site de la B.N.F.(Gallica).

Fort du succés de Jocko, Claude Louis va se lancer dans cette profession si aléatoire de vaudevilliste. Il prend le pseudonyme de Edmond Rochefort.

C’est sous le nom d’Armand de Rochefort qu’il rédige les « Mémoires d’un Vaudevilliste » paru en 1863. Il s’agit de portraits des auteurs de vaudevilles qu’il rencontra durant ses années de « vaches maigres ». Il y retrace aussi sa carrière. Dans la famille et parmi les proches, Claude Louis est appellé « le bel Armand ».

Les « Lettres » de l’époque font vivre très chichement les auteurs. Voici une lettre écrite en 1846 par Claude Louis à Edmond CAVÉ, DIRECTEUR DES BEAUX ARTS au ministère de l’Intérieur :

«  Mon cher Cavé,

Je vous écris la tête perdue n’ayant pu obtenir la vente de ma Vièrge que je crois trop médiocre pour etre achetée par vous. Je n’ai plus aucun moyen pour payer deux loyers arrièrés montant à 300 francs et je vais être saisi à la fin de la semaine….. Je sais mon ami que vous m’avez secouru dans bien des circonstances et je n’ose pas vous demander encore…..mes pauvres enfants et moi nous souffrons bien des privations depuis longtemps…..des promesses vagues d’un emploi dans les chemins de fer m’ont été faites par l’entremise de Lassagne ( ?) mais rien n’arrive…..Votre ami. Rochefort » Dans le P.S. de cette lettre il précise qu’il ne mange que du pain et que malgré cela il ne peut payer ses dettes.

On trouvera en annexe la lettre écrite le 4 mai 1854 à Napoléon III dans laquelle, à nouveau, Claude Louis voudrait bien recevoir des subsides. Nous attirons l’attention du lecteur sur le passage suivant : « ……Aujourd’hui je n’ai trouvé d’appui que dans le dévouement fraternel de la Société des Auteurs, quoique n’occupant parmi elle que la place d’un zéro qui reçoit toute sa valeur des chiffres qui le précèdent… ».

Curieuse remarque pour un solliciteur aux abois !

Eugène Scribe, Président de la Société des Auteurs adressera le 2 juin 1854 au ministre d’Etat Achille FOULD une note de prise en concidération de la demande de Claude Louis. Il en résultera un encouragement de 150 francs par arrêté collectif du 14 juin 1854.

Nous sommes persuadés que notre ancêtre Caroline Françoise de Rochefort-Luçay a subvenu aux frais du ménage par la production de ses copies de tableau vendues à l’Etat. Henri était encore trop jeune et peu pourvu pécuniairement pour y faire face. Mais je n’ai trouvé aucun indice ou note qui prouvent que ces deux enfants de Claude Louis ont participé financièrement à la vie du couple dans les dernières années de leur vie.

Claude Louis, une fin de vie misérable.

Claude Louis décèdera le 12 avril 1871 à 81 ans au 210 rue du Fbg. St. Antoine Paris. L’acte de décès est du 22 août 1871. Les événements de la Commune sont passés par là. C’est son gendre Jean Marie GORGES qui fera la déclaration, accompagné d’Emile MINIÉ beau-fils d’une grande amie de Caroline et dont on trouvera des explications au chapître des GORGES.

Claude Louis sera inhumé au cimetière de Bercy le 14 avril 1871 (6ème div.1ère ligne n°59. Exhumé le 16 septembre 1885 et replacé 7ème div.2ème ligne n°13. Exhumé et transporté au Cimetière du Nord (Montmartre) le 28 février 1890, sans doute dans la tombe où Henri sera lui même inhumé 23 ans plus tard et qui aura subit un « lifting » pour cette occasion (Histoire des communes annexées à Paris en 1859, Bercy paLucien Lambeau). Claude Louis n’aura pas de funérailles religieuses car Henri, rédacteur en chef du « Mot d’ordre », en bon anticlérical convaincu, s’y opposera. Les journaux l’Univers, le Monde, le Figaro protesteront.

Dans son ouvrage « Les aventures de ma vie » Henri donnera de nombreux passages sur sa famille (curieusement, rien sur ses sœurs) et notamment sur son père, Claude Louis, mais dont certains sont de pure invention, quant aux autres nous n’en avons pas encore vérifié l’exactitude.

On trouvera en annexe la lettre adressée par le curé de l’église Saint Eloi (rue de Reuilly au XIXème siècle) à Paris 12ème ardt., à Monsieur Joseph Pierre, président de la Revue du Berry, sur la fin de vie de Claude Louis.

Dans l’Encyclopédie Britanicae un prétendu historien, le professeur Lejeune, dit que le couple Claude Louis/Marie Morel n’était pas « solide » sans apporter aucune preuve à ses dires. Nous doutons que ce professeur soit un véritable historien qui dans ce cas apporterait des références d’actes ou de lettres ou d’autres documents pour étayer ses dires. Il s’agit donc d’une imposture pure et simple de ce professeur à l’histoire de notre ancêtre qui, pour nous, n’est pas un pygmalion mais simplement une victime de la ‘suffisance’ de ses géniteurs. Par ailleurs tout le monde sait combien certains historiens, d’hier et d’aujourd’hui, travestissent la vérité pour se faire mieux entendre du pouvoir (voir l’histoire d’Alésia). Nous rangerons Monsieur Lejeune dans cette dernière catégorie.

Le couple « Armand » de Rochefort-Luçay/Marie Morel aura 5 enfants : 

–    Louise Caroline de Rochefort-Luçay décédée au berceau le 7 septembre 1824 à Crouy en Thelle (Oise) âgée de 27 jours. Cet enfant était chez son « père nouricier » Jean Baptiste LEBRUN dit PINSON, habitant rue des Croix à Crouy en Thelle (60).

  • Palmyre, Gabrielle de Rochefort-Luçay ( 1823 ? – 23/091892 à Paris 18ème ardt.). Nous ne savons rien sur cette personne sinon qu’elle a été célibataire et « rentière ». Un portrait de Palmyre existe dans notre famille la représentant (collection particulière).
  • Caroline Françoise de Rochefort-Luçay (1826 ? – 18 janvier 1909 à Paris 6ème ardt. Agée de 83 ans. Cette personne est notre arrière-arrière grand-mère côté BARDET et qui suit.
  • Emilie Henriette de Rochefort-Luçay (1827 ? – 1909 ?) Nous ne savons pas grand chose de cette personne sinon qu’elle resta célibataire et qu’elle s’occupera des enfants d’Henri, son frère, notamment lors de son emprisonnement à l’ile de Ré. Malgré nos recherches nous n’avons retouvé aucun acte la concernant.
  • Henri Victor de Rochefort-Luçay ( 1831 à Paris 1er ardt– 1913 à Paris 16ème) qui suivra.

Il nous a été impossible de retrouver les actes de naissance (hors Henri) de tous ces personnages. Cela peut signifier deux choses : La Commune de Paris ayant brulé les actes de naissances de Paris la reconstitution ne s’est pas faite ou Claude Louis n’a déclaré aucune naissance de ses enfants…. Avant 1850, l’administration n’était pas très regardante sur la déclaration de l’état civil des citoyens.

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